L’histoire de la langue des signes:

Plusieurs époques ont permis grandement à la langue des signes de se développer:

-Le 16ème siècle: plusieurs peintres sourds comme Navarette ou Pinturicchio se sont fait connaitre. C’est le cas également de Mr Pedro Ponce de Léon, qui  s’intéressait aux codes gestuels, tel que l’alphabet manuel. Il est né en 1520 et est mort en 1584 à l’âge de 64 ans. Il était de profession Moine bénédictin et d’origine espagnol. Il a fondé une école pour les sourds au monastère de San Salvador.

 

-Le 18ème siècle: En 1760, L’abbé de l’épée, sous son vrai nom Charles-Michel de L’épée est né en 1712 et est mort en 1789 à l’âge de 77 ans. Il était prêtre, chrétien, et éducateur d’origine française. Cet homme a été le premier entendant à s’intéresser aux modes de communication des « sourds-muets ». Le jour où il observait des jumelles sourdes communiquées entre elles avec des gestes, et se fut le déclic.

Un jour, il a regroupé des enfants sourds pour les instruire et a crée une véritable école pour les mal-entendants. Aujourd’hui, cette école est devenue aujourd’hui très connue. C’est l’institut nationale des jeunes sourds située à Paris.

-En 1880: le congrès de Milan

Dans la même période, le courant « oraliste » s’amplifie. Les « oralistes » pensent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société. Le congré de Milan en 1880, dont l’immense majorité des participants est entendante et oralise, décide alors que « la méthode orale pure doit être préféré »

Trois raisons sont donc invoquées:

  • La LSF n’est pas une vraie langue
  • Elle ne permet pas de parler de Dieu
  • Les signes empêchent les sourds de bien respirer ce qui favorise la tuberculose

Cette « préférence » a eu des conséquences dramatiques pour les sourds : pendant 100 ans, la langue des signes a été banni, et méprisé aux seules associations de sourds. Dans les instituts de sourds, les élèves se voyaient contraint de signer en cachette. La langue des signes s’est alors appauvrie.

-Les années 80:

Durant les années 1980, il y a eu ce que l’on appelle  » le réveil des sourds ». La langue des signes commence a reconquérir ses lettres de noblesses avec William Stokoe, linguiste, qui a étudié la langue des signes comme une véritable langue. Des chercheurs en linguistique et en sociologie tels que Christian Cuxac et Bernard Mottez ont poursuivi ce travail et ont mis en avant la culture sourde.

Par ailleurs, un travail culturel a été mené par Jean Germion (un écrivain, journaliste et metteur en scène) et Alfredo Corrado (un artiste sourd américai). Ils créent ensemble en 1976, l’International Visuel Théâtre (IVT).

Dès lors, ils travaillent à la requalification de la langue des signes.En parallèle, une réflexion est menée sur l’enseignement auprès des élèves sourds. La philosophie bilingue ( LSF: Française) commence a germer dans les esprits. En 1980, est créer l’association  » Deux Langues pour une Education ». Elle met en place des « stages d’été pour les parents ». Ces stages rassemblent des parents d’enfant sourds, des sourds, ainsi que des interprètes. Ils œuvrent ensemble à la création des premières classes bilingues dans un contexte législatif et sociologique difficile.

-Les années 90 :

Dans les années 1990, les sourds et la LSF commencent à avoir une renommée dans le grand public.

En 1992, un numéro de la « La marche du siècle » est consacré aux sourds. Les français découvrent alors cette communauté de cette langue à travers les témoignages de Victor Abbou et Joël Chalurde, puis de Emmanuelle Laborit, comédienne sourde, qui reçoit en 1993, le molière de la révélation théâtrale pour son rôle dans « Les enfant du silence ».

Cette même année, le documentaire  » Le pays des sourds » de Nicolas Philibert montre cet univers inconnus des entendants. Pendant ces années, de nombreuses associations de sourds ouvrent leurs portes aux entendants en leur proposant des cours de langue des signes.

Toutes ces formations, ces films, le théâtre et l’engagement de plusieurs associations dans la sensibilisation pour la culture sourde, permet une meilleure reconnaissance des droits des sourds. Dans le même temps, le métier d’interprète en LSF se professionnalise et est validé par un diplôme. En 1988 à Poitiers, 2LPE Centre Ouest oeuvre pour la mise en place de classes bilingues, et la promotion de la reconnaissance de la langue des signes comme langue à part entière.

-Les années 2000:

Progressivement les mentalités et les représentation évoluent. Yves Delaporte, enthologue, se penche lui aussi sur la communauté sourde et la LSF. Il publie en 2007 un « Dictionnaire étymologique et historique de la langue des signes française ».

De son côté 2LPE organise tous les ans des Universités d’été sur thème de bilinguisme où la LSF est la première langue. Les combats menés depuis 25 ans pour la reconnaissance de la langue des signes commencent à porter leurs fruits : La loi n°2005-102 du 11 février 2005 reconnait la LSF comme « langue à part entière ».

En 2008, la LSF devient une option pour le Bac, comme n’importe quelle autre langue. En 2010, le CAPES de LSF est créé.

En 2012, c’est l’année du 300ème anniversaire de la naissance de l’abbé de l’épée. De multiples hommages lui ont été rendus par les Sourds. Cette année même, Emmanuelle Laborit (directrice de l’IVT depuis 2003) est devenue officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Pour en savoir plus:

  • Le film Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris (2014)
  • Yamamoto Osamu (2006-2007).L’orchestre des doigts Milan, Toulouse
  • Dictionnaire étymologique (2007)